PFAS : le géant de la pétrochimie LyondellBasell à Berre l’Etang rejette des taux record de polluants éternels, en toute légalité
Écrit par Admin le 3 avril 2025
L’usine de pétrochimie LyondellBasell, à Berre l’Étang, près de Marseille, émet des “rejets exceptionnels” de polluants éternels, révèle une enquête. Plusieurs sites autour du bassin de Fos rejettent aussi des PFAS en moindre quantité.
C’est un record que l’usine se garde bien de communiquer. À Berre l’Étang, le pôle pétrochimique du groupe américain LyondellBasell rejette jusqu’à 26,3 grammes par jour de PFAS, selon une enquête du journal Le Monde publiée ce mercredi 2 avril.
Les per- et polyfluoroalkylées, plus connus sous le nom de PFAS, sont des polluants extrêmement persistants, qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé humaine.
Ce n’est que depuis juin 2023 que le ministère de la Transition écologique a imposé aux sites industriels sensibles d’analyser les PFAS dans leurs rejets aqueux. Mais ces données ne sont pas rendues publiques. Le Monde a reconstitué, à partir de données publiques et d’informations recueillies par l’organisation non-gouvernementale (ONG) Générations futures, une liste de 380 sites préoccupants.
LyondellBasell arrive dixième de ce classement. « Notre entreprise coopère avec les autorités compétentes sur la détection et le suivi des PFAS et nous leur avons remis les résultats de nos trois analyses menées en 2023 et 2024. Deux des trois analyses montrent des résultats plus faibles que ceux publiés. », explique l’entreprise dans un communiqué. « Le site ne produit pas de PFAS. Cependant, les mousses d’extinction incendie contenant des PFAS sont aujourd’hui autorisées, mais ne sont utilisées par les équipes d’intervention que pour traiter certains incendies, du fait de leurs excellentes propriétés d’extinction. » L’entreprise précise auprès de France 3 Provence-Alpes que ces polluants ont été utilisés lors d’incendies passés et qu’ils restent sur le site à long terme. « 38% de nos émulseurs sont aujourd’hui sans PFAS (20% en 2024) et 45% devraient l’être fin 2025. Nous visons 100% en 2028. ».
D’autres sites polluants autour de Fos-su-Mer
Autour de l’étang de Berre, d’autres sites rejettent des polluants éternels en moindre quantité, d’après la carte consultable sur le site du Monde : Kem Onne, Rhône énergies, Naphtachimie, Totalenergies Raffinage France, Stmicroelectronics SAS et Ortec Industrie. La Pétrochimie représente 7% des sites émetteurs de PFAS, selon Le Monde.
“Même des émissions de l’ordre de quelques grammes par jour peuvent être préoccupantes”, souligne Générations futures dans son rapport. Sur son site internet, l’ONG liste les risques liés à ces polluants éternels : “augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins, etc. Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire.”
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, Le Monde pointe aussi les rejets de Valsud (Septèmes-les-Vallons), Purfer (Marseille 14e et 11e), P.R.O.F.E.R. (Marseille 14e), Arkema France (Marseille 11e), DS Recyclage (Saint-Andiol), GER ITV/SEM (Rousset) et Virbac (Carros).
La présence de PFAS dans les rejets industriels n’est pas régulée par la loi. Seul le PFOS, substance classée cancérogène possible, ne doit pas dépasser 25 microgrammes par litre d’eau envoyé dans le milieu naturel ou dans une station d’épuration urbaine. “C’est donc en toute légalité que certains industriels ont déversé des kilogrammes de toute autre variété de PFAS dans l’environnement”, précise l’article du Monde.
Le quotidien rappelle que les résultats de prélèvement de polluants relèvent d’auto-déclarations provenant des industriels, des erreurs de mesures peuvent exister.
Info LM / AFP